Hillary Clinton au seuil de l’investiture démocrate

Hillary Clinton au seuil de l’investiture démocrate
Hillary Clinton, qui sera selon toutes vraisemblances la candidate démocrate à la présidentielle de novembre, prend un égoportrait avec ses partisans lors d'un rassemblement à Sacramento en Californie, le 5 juin. Photo : Gabtrielle Lurie, AFP

MICHAEL MATHES
AFP – Los Angeles


Les partisans de la démocrate Hillary Clinton se préparaient à célébrer sa victoire dans la longue course à l’investiture mardi, mais la fête pourrait être gâchée si son rival Bernie Sanders lui infligeait un camouflet symbolique dans les urnes en Californie.

À 68 ans, l’ancienne première dame et secrétaire d’État est assurée de remporter mardi le nombre suffisant de délégués lors des primaires qui se dérouleront dans six États, dont le New Jersey et la Californie, devenant la première femme à être investie pour l’élection présidentielle par l’un des deux grands partis américains.

Son adversaire républicain de novembre est connu depuis un mois: Donald Trump.

Aidée par ses victoires dans les territoires des Îles Vierges et de Porto Rico ce week-end, Hillary Clinton n’a plus besoin que de 26 à 29 délégués (selon les estimations de différents médias) pour atteindre la barre de 2383 requise pour empocher l’investiture. Bernie Sanders a environ 800 délégués de retard sur elle.

«Je sais que cela n’a jamais été fait auparavant. Nous n’avons jamais eu de femme présidente», a-t-elle lancé dimanche en Californie, reconnaissant le caractère historique de sa candidature, sa seconde après l’échec de 2008.

Mais le sénateur du Vermont conteste cette victoire annoncée et affirme vouloir faire changer d’allégeance les «super délégués», des responsables et élus du parti démocrate libres de leur vote lors de la convention d’investiture de Philadelphie, en juillet. Plus de 500 sur 700 se sont ralliés à Hillary Clinton.

Voilà pourquoi il continue de critiquer vertement son adversaire et de faire campagne en Californie, qu’il arpente depuis plus de deux semaines. En cas de première place, il pourrait justifier son maintien en course jusqu’à la dernière primaire, la semaine suivante à Washington, voire jusqu’à la convention.

«N’oublions pas que la convention démocrate est à la fin du mois de juillet. C’est dans longtemps», a dit Bernie Sanders sur CNN dimanche.

Fondation Clinton

Mais Hillary Clinton, sans appeler son adversaire à jeter l’éponge, a bien l’intention de revendiquer la victoire mardi, vraisemblablement dès la fermeture des bureaux de vote du New Jersey, sur la côte est, où le quart des voix lui suffiraient.

Après quatre ultimes rassemblements californiens, elle célèbrera son succès historique mardi soir dans son fief de New York.

«J’aurai plus de trois millions de voix d’avance, et à la fermeture des bureaux de vote mardi, j’aurai une majorité significative des délégués issus des primaires», a-t-elle martelé dimanche sur ABC.

Mais le rassemblement de la gauche américaine s’avère délicat, Bernie Sanders multipliant les actes de défiance et exhortant ses partisans à ne pas se démobiliser.

«Il faut qu’elle comprenne qu’on ne soutient pas Bernie parce qu’il est à la mode», dit un écrivain de théâtre, Travis Sneider-Eaton, 25 ans, lors d’un rassemblement du candidat ce week-end. «Il nous écoute».

Pour faire l’union, le camp Clinton compte sur une force unificatrice exceptionnelle… du nom de Donald Trump.

«Hillary vaut mieux que Trump, donc je voterai pour Hillary» en novembre, dit un producteur de télévision partisan de Bernie Sanders, Pat McGee.

Entre le milliardaire républicain et la candidate démocrate, le débat est loin des sujets de fond. Hillary Clinton l’a étrillé dans un discours jeudi, dénonçant sa susceptibilité et son inaptitude à exercer la fonction suprême.

La semaine a été mauvaise pour Donald Trump. Il a déclenché un tollé, y compris dans sa famille politique, en dénonçant un juge fédéral en raison de ses origines mexicaines, dans une affaire sur son ex-«université». Dimanche, il a doublé la mise sur CBS en déclarant qu’un juge musulman pourrait également être soupçonné de partialité contre lui.

Il répond aux polémiques en attaquant Hillary Clinton sur les financements de «la fondation Clinton criminellement malhonnête», qui a reçu de nombreux dons de pays et hommes d’affaires étrangers lorsqu’elle dirigeait encore la diplomatie.

«Elle devrait être en prison», a-t-il redit sur Fox News lundi.

Le danger pour Hillary Clinton est que Bernie Sanders, dimanche, l’a pour la première fois attaquée sur ce thème, estimant qu’il y avait une apparence de conflit d’intérêts.

 

Lapresse.ca

Lamia Siffaoui
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