Exportation : « Saboune Dzayer » séduit le consommateur français

Exportation : « Saboune Dzayer » séduit le consommateur français
Photo APS

TIZI-OUZOU – Longtemps relégué au rang de produit du pauvre qui n’a pas le luxe de s’offrir une belle savonnette blanche et parfumée, le savon noir artisanal, connu sous l’appellation vernaculaire « Saboune Dzayer », retrouve ses lettres de noblesse et séduit de nouveau tant les Algériens que des Français amateurs de cosmétique bio.

C’est le défi relevé par Naima Chérif, une jeune femme entrepreneur qui a réussi le pari de remettre sur le marché national ce fameux produit artisanal et de l’exporter vers la France où la demande sur les cosmétiques naturelles est en pleine croissance, a-t-on appris de cette dernière, rencontrée ce week-end, en marge d’un salon professionnel des produits cosmétique abrité par la maison de la Culture de Tizi-Ouzou.

Directrice d’une entreprise basée à Birkhadem (Alger), spécialisée dans la fabrication d’une gamme de produits cosmétiques naturels et bio à base d’huile d’olive et/ou d’argile verte (savon noir, savonnette dégraissante, shampooings) créée en 2003 dans le cadre du dispositif de l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes (ANSEJ), Mme Cherif s’est lancée depuis quelques années dans l’exportation, a-t-elle indiqué à l’APS.

Une exposition organisée par la Société algérienne des foires et exportations (SAFEX) lui offre une opportunité qu’elle a su saisir. « J’ai réussi à faire connaitre mes produits et à les faire apprécier des Français grâce à la SAFEX, en participant à l’une de ses expositions », a-t-elle reconnu.

Ayant trouvé un marché dans l’Hexagone où des Français sont de plus en plus demandeurs de ce type de produits naturels, elle a créé une Société par action simplifiée (SAS) pour se lancer dans l’exportation. Après une première exportation « réussie » et des clients « satisfaits » qui ont apprécié « particulièrement le savon noir qui est le produit le plus demandé par le consommateur français, sa société reçoit régulièrement via internet, des commandes de palettes de produits cosmétiques de ses clients français, à fait savoir Mme Cherif, restée toutefois sur la quantité des produits exportés.

Elle avoue que lorsqu’elle s’est lancée dans la cosmétique artisanale, elle ne pensait pas que la réputation de ses produits allait dépasser les frontières nationales. « Mon objectif était de replacer Saboune Dzayer et d’autres produits dans leur milieu naturel qui est la capitale et d’autres régions d’Algérie », a-t-elle soutenu.

« Je n’ai pas fait de formation particulière. Dans ma famille, nous fabriquons ces produits nous mêmes. J’ai vu ma grand-mère et ma mère le faire et elles m’ont appris à les confectionner et c’est ainsi que j’ai acquis ce savoir-faire ancestral, transmis de mère en fille », a expliqué l’artisane.

Elle confie qu’elle est aujourd’hui « fière » d’avoir réussi à réaliser un rêve : faire revivre un ancien métier artisanal algérien, celui de la fabrication de produits cosmétiques à base de produits naturels et de les faire connaitre et apprécier à l’étranger.

 

APS

S.K
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