Espagne: élections régionales sur fond de paralysie politique persistante

Espagne: élections régionales sur fond de paralysie politique persistante
AFP / ANDER GILLENEA Une affiche indépendantiste, le 25 septembre 2016 à Larrabetzu, dans le Pays basque espagnol

Les habitants de Galice et du Pays basque, dans le nord de l’Espagne, participaient dimanche à des élections régionales qui pourraient permettre de faire sortir ce pays de la paralysie politique dans laquelle il est plongé depuis plus de neuf mois.

La quatrième économie de la zone euro est en effet dirigée par un gouvernement, celui du conservateur Mariano Rajoy, au pouvoir depuis fin 2011, qui ne peut que gérer les affaires courantes faute de disposer de la majorité absolue des députés à Madrid et d’avoir en conséquence pu constituer une coalition.

Et si, le 31 octobre, aucun nouveau cabinet n’est investi, la Constitution obligera le roi à dissoudre le parlement et à convoquer de troisièmes législatives en moins d’un an, pour décembre, un scénario que rejettent les trois-quarts des Espagnols, selon un récent sondage paru dans le quotidien de centre gauche El Pais.

Des élections organisées le 20 décembre 2015 au plan national ont en effet débouché sur une assemblée divisée entre quatre grandes forces politiques : le Parti Populaire (PP) de M. Rajoy, le PSOE (socialistes), Podemos (gauche radicale) et Ciudadanos (centre libéral) qui n’ont ensuite pas réussi à s’entendre pour former un gouvernement, malgré un deuxième scrutin, le 26 juin.

Le PP l’avait alors emporté, mais avec 137 sièges sur 350, il doit se trouver un allié pour que Mariano Rajoy puisse être à nouveau investi, sans succès jusqu’à présent, les autres partis lui reprochant sa politique d’austérité et la corruption dans ses rangs.

– ‘Effet domino’ –

A cet égard, le PSOE, avec ses 85 élus, détient la clef, son abstention étant susceptible de permettre au chef du Parti Populaire de constituer un gouvernement minoritaire.

Mais le numéro un socialiste, Pedro Sanchez, le répète à l’envi : « Non, c’est non ».

Toutefois, si le PSOE, ainsi que le prédisent certaines enquêtes d’opinion, était devancé par Podemos aux régionales en Galice et au Pays basque après les mauvais résultats qu’il a obtenus en décembre et en juin aux élections nationales, cela affaiblirait sensiblement l’actuelle direction de cette formation.

« Si nous ne faisons pas un bon score, ils (les caciques du parti) vont s’en servir pour renverser Pedro Sanchez », a même assuré à l’AFP un proche de ce dernier ayant requis l’anonymat.

Pourtant, le patron du PSOE envisagerait désormais de tenter pour la deuxième fois de former un gouvernement « alternatif » après avoir échoué au printemps.

AFP / ANDER GILLENEA Une peinture murale indépendantiste, le 25 septembre 2016 à Larrabetzu, dans le Pays basque espagnol

AFP / ANDER GILLENEA
Une peinture murale indépendantiste, le 25 septembre 2016 à Larrabetzu, dans le Pays basque espagnol

Il est disposé, affirment ses ennemis, à gouverner s’alliant à Podemos et avec le soutien actif ou passif des élus indépendantistes basques et catalans, contre l’avis d’une partie des socialistes très attachés à la défense de l’unité de l’Espagne.

« Si Pedro Sanchez veut gouverner avec 85 sièges, l’extrême gauche et les indépendantistes, c’est une option totalement délirante », a déclaré Mariano Rajoy à la clôture de la campagne en Galice, vendredi soir. « Il est dans une fuite en avant (…) dans une course vers le précipice », a dit le porte-parole du PP Pablo Casado, samedi.

Pedro Sanchez apparaît en tout cas de plus en plus isolé, même si, samedi, un dirigeant régional, le Catalan Miquel Iceta, l’a encouragé à rester « ferme ». « Au nom de Dieu, délivre-nous », du PP, a-t-il hurlé dans un meeting.

Une chose est sûre pour le journal de Barcelone El Periodico : les régionales de dimanche « auront un effet domino sur la politique espagnole » et mettront fin « à l’interminable partie d’échecs que les principaux partis espagnols sont en train de jouer ».

« Personne ne conclut un accord, chacun ne se préoccupe que de lui-même, ils ne se parlent pas », déplore à ce sujet Mercedes Solana, une fonctionnaire de 61 ans, en déposant son bulletin de vote dans l’urne dans la ville basque de Saint-Sébastien.

« Ils doivent régler ça et arrêter la politicaillerie », renchérit un employé de banque de 32 ans.

La Galice, une région agricole de 2,7 millions d’habitants, fief de Mariano Rajoy, doit dire si elle reste dirigée par le Parti populaire.

Quant au Pays basque, une terre industrielle de 2,1 millions d’habitants encore fortement indépendantiste gouvernée par le Parti nationaliste basque (PNV, nationalistes modérés), le PP tente d’y garder sa petite quatrième place.

 

AFP

Sabrina Lallemand
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