Echec de l’Algérie à la CAN 2017 : l’heure des bilans

Echec de l’Algérie à la CAN 2017 : l’heure des bilans

Comme lors de la précédente édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), en 2015 en Guinée Equatoriale, la sélection nationale algérienne était donnée favorite en puissance pour sacre final lors de l’édition de cette année, abritée par le Gabon.

Hélas, et comme lors de la précédente édition, les joueurs algériens ont quitté précipitamment la compétition,  décevant le grand public qui attendait mieux de Mahrez et consorts. Pis, si en Guinée Equatoriale la sélection drivée par Gourcuff avait atteint le stade des quarts de finale, celle de George Leekens a quitté la compétition au premier tour, avec deux petits points engrangés, suite à deux matchs nuls et une défaite.

La faute à qui ? Il est utile de dire que la responsabilité est partagée entre responsables de la FAF, membres du staff technique, mais aussi et surtout les joueurs, qui sont les principaux acteurs sur le terrain.

Chacun est appelé à assumer ses responsabilités vis-à-vis du public algérien, surtout qu’avant le début de chaque compétition, l’on se met, du côté de la sélection nationale, à lancer des promesses au public, pour dire que les Verts l’aborderont avec la ferme intention de revenir avec le sacre. Mais force est de constater, chaque fois, qu’on ne revient qu’avec une grande déception, confirmant que « la politique sportive est à changer au plus vite ».

Raouraoua est-il le seul responsable ?

Après la défaite (2-1) lors de la seconde rencontre de cette CAN face à la Tunisie, faisant que les chances des Verts deviennent minimes pour passer au second tour,  les doigts accusateurs ont été pointés vers une seule personne… le président de la Fédération algérienne de football, Mohamed Raouraoua.

Certes, en sa qualité de premier responsable du football national, Raouraoua a une part de responsabilité dans cet état des lieux. Mais, est-il logique de lui incomber l’entière responsabilité ? Bien sur que non. Ce qu’on peut lui reprocher, à l’heure actuelle, c’est surtout son erreur de casting, en engageant le technicien belge, George Leekens, pour prendre les commandes techniques la sélection nationale. L’échec de la mission du Belge à la tête des Verts était prévisible, et plusieurs étaient ceux qui l’avaient prédit bien avant même le début de cette CAN.

Autre chose à reprocher à Raouraoua, le fait de s’être plié aux revendications des joueurs, pour limoger le technicien serbe, Milovan Rajevac, au mois d’octobre dernier, après le match nul concédé à Blida, face au Cameroun, en Eliminatoires du Mondial 2018. Un départ tombé au mauvais moment, puisque son successeur – George Leekens -, déjà limité, n’avait que peu de temps pour préparer son groupe pour cette CAN.

On reproche, aussi, au patron de la FAF, le fait d’avoir « imposé » son choix de se séparer des services des deux capitaines, Medjani et Feghouli, pour cette CAN, après leurs dernières sorties médiatiques, même si Leekens a insisté pour dire que c’est son choix, et que cette décision a été prise « pour des raisons sportives », du moment que les deux joueurs manquent du temps de jeu.

Raouraoua prend, certes, des décisions unilatérales, et cela depuis plusieurs années, sans pour autant que l’on ose le remettre à sa place. Mais qui doit le faire ?  Dans le cas échéant, ce sont les membres du bureau fédéral qui en sont les seuls habilités. Là, la problématique qui se pose, c’est que ces membres sont, comme on le dit souvent, « des benis oui, oui », c’est-à-dire qu’ils acceptent tout genre de décisions venant d’« El Hadj », qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

Il faudra, donc, commencer par régler le problème depuis sa racine, et ne pas se contenter de critiquer Raouraoua, qui, faut-il insister à la dire, a une grande part de responsabilité, mais pas l’entière responsabilité.

Leekens, un coach dépassé par les faits

La désignation de George Leekens à la tête des Verts avait suscité, au mois d’octobre dernier, une grande polémique. Déjà que son palmarès est vide, Leekens sortait d’une expérience ratée avec la sélection tunisienne, et même en club, avec le KSC Lokeren, qu’il a drivé par la suite. En plus de cela, le technicien belge avait une expérience, aussi ratée, avec la sélection algérienne en 2003. C’est dire qu’au départ déjà, ce choix ne faisait pas l’unanimité, et à l’unanimité, les Algériens étaient sceptiques.

Chose qui s’est confirmée par la suite, avec un coach qui ne maitrisait pas son groupe, en témoignent les différents écarts disciplinaires, sans aucune intervention de sa part, ajouter à cela ses déclarations contradictoires à chacune de ses sorties médiatiques.

Une fois la CAN débutée, les choix du technicien belge sont venus confirmer que son intronisation à la tête de la sélection nationale n’était qu’une erreur de casting, lui qui a décidé de démissionner tout juste après le dernier match face au Sénégal (2-2), à Franceville. Ses choix tactiques et ses changements sont largement contestables et personne n’a pu constater son apport sur cette équipe.

Entre temps, l’on se demande que faisaient, vraiment ses adjoints, à savoir Patrick De Wilde, Nabil Neghiz, Yazid Mansouri et le dernier arrivé, Madjid Bougherra. De la figuration ? C’est bien le cas, eux dont la mission est terminée tout juste après la démission de Leekens.

 

Des joueurs en manque de motivation

Dans la liste des 23 joueurs retenus pour cette compétition continentale, force est de constater que sur le plan individuel, la sélection algérienne dispose des meilleurs éléments. L’on ne peut que citer les noms de Mahrez, Slimani, Ghoulam, Brahimi, Mandi pour s’en apercevoir, étant donné qu’il s’agit de joueurs qui font les beaux jours de leurs équipes respectives, dans les meilleurs championnats du monde.  Cependant, et avec l’Equipe nationale, on a l’impression qu’il ne s’agit pas des mêmes joueurs, avec des prestations qui laissent poser mille et une questions. Ces joueurs sont-ils en manque de motivation ? Est-ce un problème de dispositif tactique, qui ne correspond pas à leur manière de jouer ?

Selon plusieurs avis, il s’agit des deux faits en même temps, puisqu’en plus du schéma tactique incompréhensible de Leekens, il n’y qu’à avoir les erreurs commises et cadeaux offerts aux adversaires pour s’en rendre compte.

Le rôle des médias

Les critiques font partie du football, puisque chaque responsable, joueur ou entraineur est « critiquable ». Cependant, et dans certains cas, ces critiques ont toujours quelque chose qui se cache derrière. Les médias – heureusement pas tous – deviennent une tribune pour tirer sur tout ce qui bouge, et d’une manière loin d’être objective. Dans les plateaux des chaines de télévision privées, et même sur les colonnes de la presse écrite, la nouvelle tendance est celle de faire appel aux anciens internationaux, et la plupart d’entre eux viennent régler leurs comptes avec d’autres personnes. Les critiques ne deviennent plus objectives, et l’on tourne toujours autour  des mêmes sujets, sans pour autant proposer des solutions. Le hic, c’est que la plupart de ceux qui critiquent, et en dépit d’une carrière pleine en tant que joueurs, n’ont, jusqu’à l’heure, pas fait leurs preuves en tant qu’entraineurs ou gestionnaires.

Et maintenant ?

Désormais, ce qui est fait est fait, et les résultats sont là pour prouver qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. La politique de travail mise en place par les responsables du football national, qui a apporté ses fruits quelques années auparavant, ne semble plus donner les mêmes résultats. Il faudra, donc, commencer à changer ce qu’il y a à changer. Et pour le faire, et avancer dans le bon sens, il faudra proposer des solutions, et non pas critiquer juste pour critiquer, et rappeler des faits qui datent de plusieurs années. Cela ne mènera nulle part. A bon entendeur…

 

Mohamed Benhemla
ADMINISTRATOR
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