Dioxyde de titane : le colorant E171 est aussi présent dans un grand nombre de médicaments

Dioxyde de titane : le colorant E171 est aussi présent dans un grand nombre de médicaments
Dioxyde de titane : le colorant E171 est aussi présent dans un grand nombre de médicaments

Les produits alimentaires ne sont pas les seuls à contenir du E171 ou dioxyde de titane (TiO2). Cet additif supposé dangereux se cache aussi dans l’armoire à pharmacie, puisqu’il entre dans la composition de plusieurs médicaments. L’association UFC Que Choisir demande une évaluation des risques dans ce domaine.

Cela a provoqué chez ces animaux une altération de la réponse immunitaire au niveau des intestins et des lésions précancéreuses au niveau du côlon. S’il n’est pas possible d’extrapoler ces conclusions à l’homme, les chercheurs appellent au principe de précaution puisque le dioxyde de titane est utilisé dans divers domaines (cosmétique, peintures et matériaux de construction).

Pour ses propriétés de colorant blanc et d’opacifiant, il est très couramment utilisé dans des bonbons, les produits chocolatés, biscuits et chewing-gums, ainsi que dans des compléments alimentaires. Mais comme l’explique l’association UFC Que Choisir, le dioxyde de titane ne concerne pas seulement les amateurs de confiseries, puisqu’il est également présent dans les médicaments, aussi bien ceux destinés à l’automédication que ceux pour le traitement de maladies chroniques.

On en trouve ainsi dans le Doliprane, Dafalgan, Efferalgan, dans les médicaments génériques du paracétamol, de l’ibuprofène, du Spasfon, de l’Augmentin et dans les génériques de l’amoxicilline et des statines Tahor et Crestor. « Les chiffres obtenus en consultant la base de données recensant les médicaments mis sur le marché en France sont vertigineux: plus de 4 000 médicaments contiennent le colorant E171 », souligne UFC Que Choisir, qui précise que la présence de dioxyde de titane peut dépendre des formes et dosages des médicaments en question.

Médicaments et aliments: le danger est-il le même ?

Enfin, la présence de TiO2 est également notable dans la plupart des grandes marques de compléments alimentaires, pour tous les secteurs d’utilisation (minceur, fatigue, stress, ménopause, confort articulaire, etc.). Les experts de l’association ont ainsi voulu savoir si l’absorption via les médicaments représentait le même danger supposé qu’une absorption via les aliments.

Dans leur étude, les chercheurs de l’Inra précisent que la toxicité supposée du dioxyde de titane est attribuée au fait que ce produit se présente en partie sous forme de nanoparticules (en général 10 à 40%). Il s’agit de particules infiniment petites dont la taille leur confère des propriétés particulières. Mais il n’est pas soumis à l’étiquetage « nanomatériau » puisqu’il n’en est pas composé à plus de 50%.

Or, le dioxyde de titane utilisé dans les médicaments serait lui aussi en partie nanoparticulaire. La raison se trouve dans la réglementation européenne, qui précise que les colorants autorisés dans les médicaments doivent obéir aux mêmes spécifications que ceux employés par l’industrie agroalimentaire. « Sur les notices, le dioxyde de titane emprunte son nom de code à l’additif E171. A priori, il s’agit donc de la même chose », indique UFC Que Choisir.

Une évaluation dans ces deux domaines demandée

L’association a également demandé l’avis d’Éric Houdeau, directeur de recherche à l’Inra, qui a piloté l’étude sur ce produit. « Nous avons commandé la poudre donnée aux rats chez un fournisseur d’additifs pour l’industrie alimentaire. Je ne peux pas être affirmatif mais tout laisse à penser que c’est le même type de poudre qui est utilisée par les laboratoires pharmaceutiques. », affirme ce dernier.

Si risque il y a, ce n’est néanmoins pas une raison suffisante pour stopper un traitement utile et efficace, met en garde l’association. En effet, le dioxyde de titane absorbé par ce biais entre dans la composition des excipients de médicaments (substance qui permet d’assurer sa conservation, de faciliter sa mise en forme, d’améliorer son aspect ou son goût) « qui eux-mêmes ne pèsent pas bien lourd », précise l’UFC Que Choisir.

Alors que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) doit évaluer sa toxicité à la demande des ministères de la Santé, de l’Économie et de l’Agriculture, celle-ci demande que sa présence dans les médicaments soit bien prise en compte dans cette évaluation. En cas de doute sur son innocuité, il faudrait donc songer à une interdiction dans ces deux domaines.

En ce qui concerne les médicaments, le rôle du dioxyde de titane n’est qu’esthétique, et même si l’apparence d’un médicament facilite l’observance et participe à l’effet placebo qui contribue réellement à l’efficacité d’un traitement, « les laboratoires doivent pouvoir trouver des alternatives totalement sûres », conclut l’UFC Que Choisir.

*Institut national de la recherche agronomique

Source: santemagazine.fr

Samia Fali
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