Des policiers belges déposent des migrants en France et provoquent un incident diplomatique

Des policiers belges déposent des migrants en France et provoquent un incident diplomatique
AFP/Archives / PHILIPPE HUGUEN. Deux policiers belges ont été interpellés mardi soir à Nieppe (Nord) par la police française au volant d'un camion dans lequel se trouvaient treize migrants

L’interpellation mardi dans le nord de la France de deux policiers belges qui étaient en train de déposer treize migrants au bord d’une route a tourné à l’incident diplomatique entre Paris et Bruxelles.

Le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a convoqué mercredi l’ambassadeur de Belgique pour « lui demander des explications » et lui « faire part de son mécontentement », a fait savoir jeudi son ministère.

Les deux policiers du commissariat de Ypres (Flandre occidentale) ont été interpellés par la police française mardi soir à Nieppe, ville frontalière de la Belgique, au moment où ils déposaient en rase campagne les treize migrants, dont trois mineurs, de nationalités afghane et irakienne.

Ils ont été « librement entendus comme témoins » et ont pu quitter le commissariat dans la nuit de mardi, a-t-on déclaré jeudi de source officielle. Selon Vincent Gilles, président d’un syndicat de police belge, le SLFP, les policiers ont été menottés, ce que les autorités françaises ont démenti.

De source policière française, on raconte que les migrants ont été découverts par la police belge après être sortis d’un camion parti de France, qui, pensaient-ils, allait les conduire vers Calais, d’où ils envisageaient de rejoindre l’Angleterre.

Les policiers belges les ont alors reconduits en France, « mais sans respecter la procédure de réadmission » suivant laquelle « on doit informer les autorités », a dit cette source policière à l’AFP, assurant cependant qu’à sa connaissance, ce type d’initiative était « une première » et que « polices belge et française s’entendent bien ».

AFP/AFP.  Deux policiers belges interpellés

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Deux policiers belges interpellés

– Pratique inhabituelle –

Cette décision belge n’est « pas conforme aux pratiques habituelles de travail entre la France et la Belgique », ont confirmé les autorités locales françaises.

L’un des policiers belges, le commissaire Georges Aeck, a expliqué à la RTBF (la radio-télévision belge) la présence de migrants dans le véhicule « parce qu’on ne voulait pas les laisser (…) directement sur la route et les laisser à pied aller à la frontière ». « Donc on les a reconduits (…) dans la direction où ils voulaient aller », a-t-il ajouté.

Les treize migrants ont, quant à eux, été conduits dans les locaux de la police aux frontières à Lille (nord de la France). Trois mineurs ont été placés en foyer et dix majeurs « en retenue administrative pour examen de leur situation », a précisé la préfecture.

AFP / GUILLAUME SOUVANT. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, le 22 septembre 2016, à Tours

AFP / GUILLAUME SOUVANT.
Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, le 22 septembre 2016, à Tours

« Des échanges sont en cours entre les autorités des deux pays afin de poursuivre les bonnes relations et la coopération existantes, notamment dans le domaine de l’immigration », a encore dit la préfecture.

Cet incident intervient dans un contexte de crispation sur la question migratoire en France, politiquement sensible à sept mois de l’élection présidentielle.

Le gouvernement français prépare le démantèlement du campement de migrants de Calais, le plus grand bidonville de France où s’entassent entre 7.000 et 10.000 migrants.

Plus de 300.000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée pour se rendre en Europe en 2016, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

 

 

 

AFP

Sabrina Lallemand
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