Des mini drones pollinisateurs à la rescousse des abeilles

Des mini drones pollinisateurs à la rescousse des abeilles
DPA/AFP/Archives / WOLFGANG KUMM Une abeille recueille le nectar d'une marguerite, le 11 juillet 2011 à Berlin

Un mini drone équipé d’un gel spécial qui lui permet de polliniser des fleurs a été créé par des chercheurs japonais pour venir en aide aux abeilles, essentielles pour féconder les récoltes mais menacées par la pollution et les pesticides.

Ce petit robot pollinisateur télécommandé, muni de quatre hélices, est recouvert de trois millions de poils de cheval enduits d’un gel ionique, c’est à dire électriquement chargé, qui capture le pollen sur une fleur avant d’aller le déposer sur les pistils d’une autre, expliquent les scientifiques de l’Institut national japonais de science industrielle avancée de recherches technologiques sur les nanomatériaux (AIST).

Ces travaux menés notamment par le chimiste Eijiro Miyako étaient publiés jeudi dans la revue américaine Chem.

Ces drones peuvent fonctionner 150 minutes grâce à une pile rechargeable.

Dans des expériences séparées avec des fourmis et des mouches, ce gel, découvert par hasard dix ans plus tôt par Eijiro Miyako, a également des effets de camouflage car il change de couleur selon les différentes sources lumineuses.

Cette propriété pourrait permettre de protéger les mini robots pollinisateurs contre des prédateurs qui essaieraient de les détruire en les prenant pour des insectes.

Une propagation robotisée du pollen, dont la taille varie de 10 à 100 microns avec de multiples formes, a tout d’abord le potentiel de remplacer la pollinisation manuelle, fastidieuse et coûteuse, qui est encore pratiquée pour certaines cultures.

Les agriculteurs qui veulent créer des espèces hybrides ou éviter une pollinisation sauvage n’ont en effet pas d’autre choix que de polliniser leurs cultures à la main en utilisant des pinceaux, expliquent ces chercheurs.

Dans la province chinoise du Sichuan, des poiriers et pommiers qui produisent des fruits très prisés sont ainsi pollinisés à la main, les producteurs recourant même aux pesticides pour éliminer tous les insectes et éviter une pollinisation sauvage par d’autres variétés.

Mais ce procédé est utilisé sur des superficies assez réduites. Une pollinisation manuelle des vastes étendues de pommiers aux États-Unis coûterait par exemple quelque 880 millions de dollars, selon les estimations de ces chercheurs.

– Abeilles plus rares –

Le recours à une pollinisation avec des insectes-robots sophistiqués est de ce fait une option attrayante surtout face à la diminution rapide du nombre d’abeilles dans le monde.

Au rythme actuel du déclin des populations de ces insectes, les pollinisateurs robotisés pourraient bien être un jour la seule alternative.

Les colonies d’abeilles sont décimées depuis quelques décennies par la maladie et des parasites ainsi que par les effets néfastes des pesticides.

Les récoltes de fruits et légumes pollinisées par les abeilles représentent plus de 15 milliards de dollars chaque année aux États-Unis.

L’apparition de robots pollinisateurs est devenue possible grâce aux récentes avancées en micro-fabrication, qui permettent de produire des machines intelligentes d’une taille approchant celle des abeilles.

Les progrès dans la vision artificielle et le recours au GPS ouvrent également la voie à des robots autonomes.

« Ces découvertes, qui auront des applications pour l’agriculture et la robotique entre autres, pourraient aboutir à la mise au point de pollinisateurs artificiels et aider à répondre aux problèmes résultant du déclin des populations d’abeilles », estime Eijiro Miyako.

« Nous sommes convaincus que ces pollinisateurs robotiques pourront être programmés pour suivre les trajets de pollinisation en utilisant le GPS et l’intelligence artificielle », ajoute-t-il.

Bien que ces travaux soient encore loin d’être mis en application dans les cultures, ils représentent un premier pas pour se préparer à un avenir dans lequel les abeilles seront plus rares.

Outre ces scientifiques japonais, plusieurs équipes de recherche travaillent à la mise au point de tels mini-robots pollinisateurs, à l’Université de Harvard ou au sein du groupe Google notamment.

 

AFP

Lamia Siffaoui
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