Manifestation géante à Istanbul contre le putsch manqué

Manifestation géante à Istanbul contre le putsch manqué

 

À l’appel du président Recep Tayyip Erdogan, des centaines de milliers de Turcs sont attendus dimanche à Istanbul pour participer à une manifestation géante contre le putsch manqué de la nuit du 15 juillet et afficher leur unité face aux critiques occidentales contre la répression massive entreprise par le pouvoir turc depuis la tentative de coup d’État.

 
Ce « rassemblement de la démocratie et des martyrs », organisé sur la grande esplanade de Yenikapi, au bord de la mer de Marmara, doit parachever trois semaines de manifestations nocturnes des partisans du chef de l’État sur les places de nombreuses villes du pays.

L’utilisation par les autorités turques de l’expression « martyrs » réfère à 239 personnes « fidèles au régime » qui ont péri dans la nuit du 15 au 16 juillet.
« La démocratie triomphe, les places appartiennent aux peuples », pouvait-on lire dans la nuit de samedi à dimanche sur des tracts distribués dans les boîtes aux lettres détaillant les services de transport gratuits par traversier, bus ou métro pour accéder à la manifestation.

Le président Erdogan a invité les dirigeants des partis laïque et nationaliste, qui affichent leur soutien au gouvernement depuis le putsch manqué et partagent la même détestation du mouvement Hizmet du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d’avoir fomenté la tentative de coup d’État.

« La seule manière d’éliminer les coups d’État est de raviver les valeurs de la République. Ces valeurs qui font notre unité devront être exprimées avec force à Yenikapi », a déclaré sur son compte Twitter Kemal Kilicdaroglu, le chef de file du parti laïque CHP (Parti républicain du peuple, opposition).

Une unité fragile

La brutalité du putsch avorté du 15 juillet, qui a fait plus de 230 morts, a choqué un pays où la dernière tentative de coup d’État remontait à 1980.

Même les adversaires d’Erdogan, qui dénoncent son autoritarisme, préfèrent le voir se maintenir à la présidence que de connaître un nouveau coup d’État, comme ceux qui ont rythmé l’histoire du pays dans la seconde moitié du vingtième siècle.

L’union nationale pourrait toutefois ne pas durer. L’opposition s’interroge déjà sur le fait de savoir si la restructuration en cours de l’armée, qui se fait sans droit de regard du Parlement, ne va pas trop loin. Des milliers de militaires, dont 40 % de généraux, ont été démis de leurs fonctions.

Au total, plus de 60 000 militaires, magistrats, fonctionnaires ou enseignants ont été interpellés, suspendus ou font l’objet d’enquêtes judiciaires.

   source REUTERS
Issam Saidi
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