Des capitaux « en fuite » et des citoyens noyés : L’Afrique n’en finit pas avec les paradoxes

Des capitaux « en fuite » et des citoyens noyés : L’Afrique n’en finit pas avec les paradoxes

Tous les éditorialistes de la presse mondiale soulignent que l’Afrique regorge de richesses et que ses citoyens vivent dans la misère ou meurent sur des embarcations de fortune.

Alors que ce continent a énormément besoin d’investissements et de capitaux,  il enregistre les sorties illégales de capitaux qui dépassent les flux nets entrants, ce qui réduit les chances d’emploi et augmente les tentatives de traversées de la Méditerranée, comme le rappellent les drames de ces derniers jours.

En grande partie, ces capitaux en fuite sont exportés vers les paradis fiscaux, ceux-là mêmes qui appliquent le secret bancaire et des taux faibles de taxes. La situation de l’Afrique subsaharienne est très inquiétante, car c’est la région qui souffre le plus de la fuite des capitaux en termes de rapport au produit intérieur brut (PIB).

dix pays africains les plus touchés par cette fuite des capitaux sont le Nigeria (10e à l’échelle mondiale), l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Soudan, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la Zambie, le Togo, l’Algérie et la RDC. Les plus riches d’entre eux en ressources naturelles (Nigeria, Angola, etc.) sont ceux où l’évasion de capitaux est la plus massive.

Malam Gerba, de Geram communication au Canada, un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), souligne que le tiers des fonds qui s’évadent de l’Afrique provient des détournements et des opérations de corruption.

Il y a ensuite les sociétés multinationales qui profitent des codes des investissements très favorables en Afrique pour transférer leurs bénéfices ailleurs. Cependant, au-delà des codes des investissements très généreux, les multinationales utilisent des méthodes plus sophistiquées pour frauder le fisc. Ainsi, leurs profits sont répartis entre les filiales par un échange interne, de telle sorte qu’une taxe minimale est payée.

Autre astuce : la distorsion du prix du transfert. La multinationale assigne la propriété de sa marque à une filiale créée dans un paradis fiscal. Toutes les parties productives de la société dans d’autres parties du monde paient alors des droits d’auteur et d’autres honoraires à cette filiale, ce qui garantit un déplacement continu d’argent vers les paradis fiscaux.

Enfin, il y a, selon lui, «l’action circulaire » : une société multinationale qui a déplacé des profits d’un pays en développement vers un paradis fiscal, réinvestit une partie des profits dans le même pays en développement. Cette fois, l’argent versé est considéré comme un investissement direct étranger et il peut donc bénéficier de conditions fiscales favorables comme des dispenses de taxes offertes par le pays hôte.

Évidemment, la fuite des capitaux a de graves conséquences sur les économies africaines, est-il conclu ce qui conduit à des bateaux qui coulent en mer avec leurs occupants.

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