Danger : la fédération des coachs et conférenciers algériens met en garde la population

Danger : la fédération des coachs et conférenciers algériens met en garde la population
Crédit Photo : Soraya Yacoub

Les entreprises de coaching et de développement personnel connaissent une forte croissance ces dernières années sur le marché algérien. Les difficultés économiques et sociales que vivent les citoyens poussent ces derniers à s’adresser à toutes sortes de charlatans qui leur promettent monts et merveilles. 

L’algérien ne sait plus à quel saint se vouer et c’est pour cette raison que l’expert international en développement humain a décidé, avec d’autres professionnels, de créer la fédération des coachs et conférencier algériens (FCCA), qui a pour vocation de mettre en place des critères bien définis afin d’assainir ces professions et d’orienter le consommateur pour se retrouver dans ce domaine non réglementé.

M. Mohamed IDIR est un coach d’affaires et de vie certifié au Canada et aux États-Unis par la Harvard Medical School. Il a accepté de répondre à nos questions pour éclaircir la situation et permettre aux adeptes du développement personnel de séparer le bon grain de l’ivraie.

Est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots svp ?

Je vous remercie avant tout de m’offrir l’occasion de m’exprimer sur ce sujet très sensible. Je suis un professionnel du développement personnel et de la communication. Coach d’affaires et de vie certifié, j’exerce à Montréal, au Canada, ainsi qu’en Algérie, dans la ville d’Alger.

J’ai aussi l’honneur d’être le président fondateur de la FCCA qui est un organisme canadien. Sa principale mission est de professionnaliser les métiers de coach et celui de conférencier en mettant en place des règles strictes  sur la pratique professionnelle et un cadre éthique adapté au contexte algérien.

Votre organisme a son siège au Canada, à qui s’adresse t-il ? 

Notre fédération est ouverte à tous les coachs et conférenciers algériens à travers le monde. On a choisi de nous établir au Canada, pour le moment, car nous n’avons pas assez d’experts en Algérie pour pouvoir assurer le lancement et la gestion de la FCCA. Nous allons certainement transférer le siège vers l’Algérie dès que nous aurons formé et certifié un nombre raisonnable de professionnels ayant des compétences solides.

Je tiens à souligner que tous les professionnelles sont les bienvenus, personne ne sera exclu. L’objectif et de réunir tout le monde dans une institution puissante qui va défendre les intérêts de tous. Il suffit de satisfaire aux critères d’adhésion qui sont visibles sur notre site : www.fccalg.com.

D’où est venue l’idée de la création de la FCCA ?

En arrivant en Algérie on a constaté que le secteur du développement humain était livré une anarchie totale. N’importe qui peut se prévaloir du titre de coach ou de conférencier sans avoir à rendre de comptes à qui que ce soit. Il suffit d’avoir quelques centimes et « un visage en cuir » comme on dit chez nous pour s’afficher en public et offrir des services de coaching ou de consultation. Ce n’est pas ça un coach professionnel. Il ne suffit pas de lire deux livres et prétendre savoir comment aider les gens à améliorer leur vie.

Il y a aussi des escrocs qui font appel à un organisme américain pour se faire délivrer une certification pour faciliter la tromperie. Une enquête est d’ailleurs en cours et les personnes concernés seront attaquées en justice pour escroquerie.

Suite à ce constat inquiétant, on a décidé d’offrir un cadre clair pour protéger les clients et les vrais professionnels.

Lors de notre entrevue téléphonique d’hier vous disiez que ces pratiques sont dangereuses, pourquoi ?

En ce qui concerne les conférenciers le danger est limité. Au pire, vous allez dépenser des fortunes et perdre votre temps à écouter une personne qui raconte n’importe quoi. Mais ceux qui déclarent être des coachs alors qu’ils n’ont aucune formation sérieuse, là ça devient très dangereux.

Il faut savoir que pour devenir coach au Canada il faut suivre une formation approfondie qui peut s’étaler sur plusieurs années, surtout pour les coachs spécialisés en Programmation Neuro-Linguistique qui interviennent au niveau du subconscient. Vous ne pouvez pas confier votre ordinateur à une personne qui n’a pas les compétences nécessaires pour le réparer, comment les gens peuvent confier leur cerveau ou celui de leur enfant à un individu qui ne sait même pas par où commencer ?

Vous disiez qu’il y a des actes qui peuvent mener jusqu’à la mort, comment ?

Le danger est réel et il doit être pris au sérieux. Une personne non formée peut faire des dégâts importants dans le cerveau d’un être humain. Les coachs professionnels sont préparés à faire face à des situations extrêmes et surtout à détecter les cas de personnes en souffrance.

Lors de l’enquête réalisée sur la pertinence de la création de la FCCA, j’ai personnellement contacté une entreprise de développement personnel à Tizi-Ouzou. J’ai dit à la personne qui m’a répondu au téléphone que ma vie allait mal et que je voulais me suicider, vous savez ce qu’elle m’a répondu ? : « Ne vous inquiétez pas, grâce à la pensée positive, vous pourrez changer votre vie, passez nous voir ».

C’est un exemple de l’incompétence totale qui règne en ce moment. Dans un cas pareil le coach doit oublier son profit personnel et penser à la sécurité du client en le référant à un professionnel de la santé mentale.

Il y a même des parents qui confient leurs enfants à ces charlatans qui prétendent savoir comment en faire des génies et c’est une grave erreur. Ils mettent leur progéniture en danger en pensant leur faire du bien.

Est-ce qu’il y a beaucoup de coachs et conférenciers professionnels en Algérie ?

Pas vraiment, on peut les compter sur les doigts d’une seule main. Les compétences sont là mais il manque le cadre éthique et professionnel. J’invite les personnes intéressées à entrer en contact avec la FCCA via la page Facebook ou par mail en visitant notre site web.

Vous avez plusieurs entreprises qui offrent des services de coaching et de conférences, il y a conflit d’intérêts, non ?

Non au contraire. La FCCA est ouverte à tout le monde et je gagnerai plus à laisser les choses comme elles sont. Cette anarchie nous arrange financièrement car on est les seuls à avoir une structure aussi importante. Notre clientèle cible sait faire la différence entre une entreprise sérieuse et des bricoleurs. On est déjà membre des grandes fédérations mondiales comme ICF par exemple. On n’a pas besoin de plus crédibilité et on est hors concurrence.

Notre souci est d’organiser le marché algérien et comme on n’est pas nombreux dans ce pays c’est une façon de créer un réseau professionnel puissant. Personnellement je refuse beaucoup de contrats à cause du manque d’experts certifiés, alors je vous le redit encore, toutes les personnes aptes à nous rejoindre sont les bienvenues.

Combien me coûterai une heure de coaching avec vous ?

Je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer aux coachings individuels, mais quand j’accepte de le faire le tarif habituel est de 30000DA les 55 minutes.  On a d’autres collaborateurs qui offrent des tarifs moins élevés. Les ateliers de groupe sont aussi plus accessibles pour le grand public.

 

Entrevue réalisée par Karim Arhab

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Karim Arhab
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