Coup dur pour le nettoyage des déchets spatiaux

Coup dur pour le nettoyage des déchets spatiaux
© NASA/WikimediaCommons/CC0

Soixante ans après le Spoutnik, le cargo spatial Kounotori 6 devait étendre une longe de 700 mètres censée attirer les débris polluant l’orbite terrestre. Celle-ci ne se serait pas déployée.

La pollution spatiale a encore de beaux jours devant elle. Pour enrayer l’accumulation de débris dans l’orbite terrestre, l’agence spatiale japonaise (JAXA) avait équipé son dernier engin spatial d’un outil de nettoyage expérimental… qui n’a pas fonctionné comme espéré.

L’annonce a été donnée ce matin par les responsables de la mission. Baptisé KITE, l’outil en question était une longe de 700 mètres composée de fins câbles d’aluminium et d’acier, qui devait, une fois déployée, attirer par électromagnétisme les débris passant à sa portée, afin de les ralentir et de les faire descendre vers l’atmosphère, où ils se désintègreraient avant de toucher terre.

Censée attirer les débris, la longe ne se serait pas déployée

Elle était embarquée dans Kounotori 6, un cargo spatial expédié en décembre dernier du Japon vers la Station spatiale internationale (ISS) afin de la ravitailler. La livraison de vivres et matériel s’est déroulée comme prévu le 13 décembre, mais la phase retour, initiée le 27 janvier, n’a pas permis de mener à bien la mise en place de la longe.

« Nous pensons que la longe ne s’est pas déployée », a déclaré à l’Agence France Presse le chercheur Koichi Inoue, responsable de ce projet. « Il est bien sûr décevant de constater que nous avons terminé la mission sans atteindre un de ses principaux objectifs », s’est-il désolé. D’autant que cet essai n’était qu’une première étape pour déployer, à l’avenir, des longes de 5000 à 10 000 mètres pour plus d’efficacité.

Au total, les objets en orbite autour de la Terre pèsent comme la tour Eiffel

Voilà des années maintenant que le problème de la pollution spatiale inquiète les agences spatiales. Aujourd’hui, 60 ans exactement après le lancement par les Soviétiques du tout premier engin spatial, le Spoutnik, on compte 6000 objets artificiels en orbite, principalement des satellites.

Boulons, écailles de peinture, morceaux d’étages de fusées… le nombre de débris est, lui, extraordinairement plus élevé, comme le rapporte Christophe Bonnal dans son livre « Pollution spatiale, l’état d’urgence » (Belin) : on le chiffre à 100 millions d’objets. Ainsi la masse totale des objets peuplant l’orbite terrestre se monte à… 7000 tonnes, l’équivalent de la tour Eiffel !

L’ISS elle-même risque la collision

Cela peut paraître peu, mais devient très préoccupant en tenant compte de leur vitesse (30 000 km/h), qui leur confère une énergie cinétique faramineuse, rendant tout objet de plus de 10 cm capable de détruire un satellite entier ! Or en 2016, il étaient quelque 17 600 à dépasser cette taille. L’ISS elle-même a d’ailleurs failli rentrer en collision avec un gros débris en 2014, au risque d’être détruite !

De plus, le nombre de ces débris est en hausse inexorable, comme l’a calculé la NASA : même si on arrêtait tout nouveau lancement, les collisions sont inévitables, et produisent à chaque fois des milliers de nouveaux déchets.

L’an prochain, un nouveau projet expérimental de nettoyage de l’espace devrait être lancé. Appelé CleanSpace One, il est développé par l’Ecole polytechnique de Lausanne. Croisons les doigts !

 

Fiorenza Gracci

Source: science&vie.com

Samia Fali
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