BAC 2016 : l’art de briser un élève

BAC 2016 : l’art de briser un élève

A vrai dire, tous les moyens sont bons, pour les responsables algériens, afin de donner une meilleure image de ce qu’ils font, même si cela se réalise au détriment du simple citoyen.

Et ce qui s’est passé durant les épreuves du Baccalauréat dans son édition de 2016 en est la parfait illustration d’une politique qui n’est basée sur aucun critère valable.

Devant les centres d’examens, ou encore sur le petit écran, tout le monde a vu, avec amertume, l’état dans lequel se trouvaient plusieurs candidats, empêchés d’accéder pour s’être présentés en retard de moins de… 5 minutes.

Ces jeunes malheureux payeront, ainsi, à la place des autres. A la place de ces entreprises qui ont lancé des travaux sur les routes, en pleines heures de pointe, causant d’interminables embouteillages. A la place de ces chauffards, qui ne respectent pas le code de la route, causant des accidents, et dont les curieux ne peuvent y passer sans jeter un coup d’œil, avec tout ce que cela engendre comme file d’attente.

Et le pire, c’est qu’ils payent cette politique honteuse prônée par le ministère de l’Éducation nationale, qui consiste à « briser l’élève pour préserver l’image du BAC ».

Un élève qui a passé une année de dur labeur, avec plusieurs nuits blanches, pour réviser et préparer ce « grand jour ». Au bout du compte,  il se retrouve interdit d’accéder au centre d’examen pour un motif qui ne tient pas la route.

Comme si, les scandales dans le secteur de l’Éducation se limitent, seulement, dans ce retard de moins de 5 minutes.

Comme si, le premier responsable de ce qui se passe dans ce secteur n’est autre que l’élève.

Comme si, l’élève qui arrive en retard –  et quel retard ! –  est classé, systématiquement, avec les tricheurs.

La veille du début de cet examen, un violent séisme a frappé la wilaya de Médéa. Des candidats au BAC étaient contraints de passer, dehors, une nuit blanche, de peur de voir leurs demeures s’effondrer. Le lendemain, il faut bien imaginer l’état dans lequel ils étaient en se présentant aux centres d’examens. Y a-t-il eu une prise en charge psychologique pour ces jeunes ?… Non.

Autre « innovation » de la tutelle, cette année, est celle de bloquer l’accès aux réseaux sociaux, sur tout le territoire national, au moment de l’examen. Ces réseaux sociaux sont-ils le seul moyen utilisé par les tricheurs ? Bien sur que non, notamment avec les avancés que connait le monde des TIC ces dernières années.

Certes, il est du droit du ministère de l’Éducation de veiller à ce que cet examen national se déroule dans les meilleures conditions et de bloquer tous les accès aux tricheurs, mais pas au point de mettre tout le monde dans le même sac, et voir les uns payer à la place des autres.

C’est, de par les avis unanimes, « HONTEUX ».

Mohamed Benhamla

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