Le ministre américain de la Justice Jeff Sessions a annoncé vendredi que la Cour suprême allait de nouveau être sollicitée concernant le décret controversé anti-immigration, après le jugement d’un tribunal fédéral de Hawaï qui en a élargi les exemptions.

Un tribunal de Hawaï a en effet jugé jeudi que, contrairement à ce que prévoit le décret anti-immigration de Donald Trump, les grands-parents, petits-enfants et d’autres membres de la famille de personnes vivant aux Etats-Unis devaient aussi être autorisés à venir les voir. M. Sessions a estimé qu’un « tribunal local avait de manière inappropriée substitué ses préférences politiques aux décisions de sécurité nationale de l’exécutif à une période de graves menaces, faisant fi à la fois des prérogatives légales de l’exécutif et des directives de la Cour suprême ».

Selon lui, les neuf Sages « ont déjà dû corriger ce tribunal local une fois, et nous allons à contrecoeur retourner devant la Cour Suprême pour de nouveau faire valoir la règle de droit et le droit de l’exécutif à protéger la nation ».

La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé une entrée en vigueur partielle du décret le 30 juin.

Le décret anti-immigration interdit l’entrée aux Etats-Unis de ressortissants de six pays musulmans (Syrie, Libye, Iran, Soudan, Somalie et Yémen), ainsi qu’aux réfugiés du monde entier, à l’exception de ceux pouvant prouver une « relation valable avec une personne ou une entité aux Etats-Unis ».

Ainsi, quelqu’un venant rendre visite à un membre de sa « famille proche » est admis. Tout comme un étudiant intégrant une université américaine ou un salarié recruté par une entreprise locale. Ou encore un professeur convié à donner une conférence aux Etats-Unis.

Pour le gouvernement, la famille proche n’inclut que « les parents (y compris les beaux-parents), les époux, enfants, fils ou fille adultes, gendres, belles-filles et membres de la fratrie ».

C’est sur la notion de « famille proche » que le juge fédéral Derrick Watson avait été saisi par l’Etat de Hawaï.

« A Hawaï, la notion de +famille proche+ inclut beaucoup de gens que le gouvernement fédéral a décidé de lui-même d’exclure », a déclaré Douglas Chin, procureur général de Hawaï.

Le juge Watson lui a donné raison, estimant que les termes de « famille proche » employés par la Cour suprême ne justifiaient pas l’interprétation restrictive faite par le gouvernement.

« Le bon sens dicte évidemment que les grands-parents fassent partie de la famille proche », a écrit le juge dans sa conclusion. « En fait, les grands-parents sont le pilier de la famille proche ».

Il a donc ordonné que l’exclusion ne soit pas appliquée « aux grands-parents, petits-enfants, beaux-frères ou belles-soeurs, oncles, tantes, neveux, nièces et cousins de personnes vivant aux Etats-Unis ».

Le conseiller à la sécurité intérieure auprès de la Maison Blanche, Tom Bossert, a exprimé ses « inquiétudes » au sujet de cette décision, se référant simplement aux compte-rendus médiatiques. « Cela semble assez étendu et c’est quelque chose qui me trouble si c’est aussi étendu que ce qui a été rapporté », a-t-il poursuivi.