ASCO 2016. Cancer du côlon : le lieu de la tumeur influe sur le pronostic

ASCO 2016. Cancer du côlon : le lieu de la tumeur influe sur le pronostic

De notre envoyée spéciale au congrès mondial sur le cancer de Chicago (ASCO) : les chances de survie sont meilleures pour les malades d’un cancer du côlon droit que pour ceux atteints du côlon gauche.

ONCOLOGIE. Présentée lors du congrès mondial du cancer qui se tient à Chicago du 3 au 7 juin 2016, une étude étonnante révèle que les chances de survie des malades atteints d’un cancer du côlon sont meilleures si ce dernier est situé… dans la partie gauche de l’organe (voir l’encadré ci-dessous). Et que l’efficacité des traitements diffère également selon la zone concernée. Si les chercheurs avaient déjà empiriquement constaté que les cancers coliques droits étaient souvent de plus mauvais pronostic, se révélant aussi plus tardivement, cette étude californienne en éclaire la raison. Présentée par Alan P. Venook, oncologiste à l’université de San Francisco (États-Unis), elle confirme en effet que le pronostic est bien guidé par l’anatomie.

L’efficacité des molécules dépend aussi de l’emplacement de la tumeur

Son équipe a suivi deux groupes de patients atteints de cancers coliques métastasés. Le premier était constitué de plus de 730 patients atteints d’un cancer colorectal ayant débuté à gauche et recevant soit du bévacizumab (Avastin) ou du cetuximab (Erbitux). Dans ce groupe, indépendamment du traitement, la survie moyenne des malades a été de 33 mois. Le second groupe était, quant à lui, constitué de près de 300 patients atteints de tumeurs ayant débuté à droite et recevant les mêmes traitements. Dans ce groupe, la survie constatée a été très inférieure puisqu’elle se situe à… 19 mois en moyenne. Ce travail a aussi mis en évidence une différence d’efficacité des deux molécules selon l’emplacement initial de la tumeur. À gauche, l’Erbitux s’est avéré plus efficace que l’Avastin quand l’inverse a été observé à droite. Dans les deux cas, les différences sont loin d’être négligeables puisque les patients vivaient en moyenne sept mois supplémentaires.

« Il semble que les cancers colorectaux droits ne tirent aucun bénéfice du cetuximab », a commenté Alan P. Venook pour qui l’explication viendrait sans doute de l’origine embryonnaire des cellules. « En effet, les parties droite et gauche du côlon ne proviennent pas des mêmes tissus embryonnaires », détaille l’oncologiste, précisant que des études complémentaires seront à mener pour comprendre plus finement ce mécanisme. La présidente de l’Asco, Julie M. Vose, a elle-même réagi à ce résultat, rappelant pour l’occasion qu’au-delà de la génomique, la simple anatomie doit aussi être prise en considération dans le choix du traitement, tout au moins face au cancer du côlon.

Anatomie : deux côlons droit et gauche
Quand les médecins parlent du côlon, ils parlent souvent du « cadre colique » car l’anatomie distingue bien entre le côlon droit et le côlon gauche. Le côlon droit s’étend de l’appendice (cæcum) à la moitié droite du côlon transverse. Le côlon gauche, quant à lui, s’étend depuis la moitié gauche du côlon transverse jusqu’à la charnière recto-sigmoïdienne. Classiquement, les cancers gauches sont de révélation plus précoce (douleurs violentes, envie permanente d’aller à la selle, émissions de glaires et de sang), alors que les droits sont plus longtemps silencieux, sans signe d’appel, ce qui explique une prise en charge plus tardive.

Par Sylvie Riou-Milliot
Sciences et vie 

Sabrina Lallemand
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