Algérie-France : signature d’une déclaration d’intention pour la création d’un fonds d’investissement bilatéral

Algérie-France : signature d’une déclaration d’intention pour la création d’un fonds d’investissement bilatéral

Le Comité mixte économique franco-algérien (COMEFA) a clôturé lundi soir à Paris ses travaux avec la signature d’une déclaration d’intention pour la création d’un fonds d’investissement bilatéral entre l’Algérie et la France.

La déclaration a été signée par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Lemaire, en présence du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, du ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, et des membres des deux délégations.

L’objectif de ce fonds d’investissements algéro-français, une idée qui a germé depuis la dernier visite du président Emmanuel Macron en Algérie le 6  décembre 2017, est de financer les investissements des Algériens qui souhaitent investir en France et des Français qui souhaitent investir en Algérie.

Messahel : un dialogue « riche » dans le domaine stratégique et de sécurité  

Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, a qualifié le dialogue entre l’Algérie et la France de « riche » dans le domaine stratégique et de sécurité.

« Nous voilà à la fin d’une séance riche, d’abord le dialogue que nous continuons à avoir dans le domaine stratégique et de sécurité. Cette session a été marquée par un échange sur les situations de conflit que vit notre région », a indiqué le chef de la diplomatie algérienne.

Il a précisé que cette séance « a permis d’échanger nos analyses, nos points de vue sur ce qui se passe d’abord dans notre zone en Méditerranée et au Sahel », soulignant qu’il est évident que « lorsque Algériens et Français se rencontrent, des questions telles que la situation au Mali, au Sahel et en Libye, fassent l’objet de nos discussions ».

« Je dis que je suis satisfait de cet échange de vues. ça nous a permis de continuer à soutenir les efforts des Nations unies que ce soit pour ce qui est de la Libye, soutenir les efforts de M. Ghassan Salamé, soutenir sa feuille de route, et de faire en sorte que cette feuille de route fasse l’objet du soutien attendu par les partenaires amis de la Libye afin que ce pays retrouve sa stabilité et sa sécurité », a-t-il affirmé, faisant observer que l’Algérie partage plus de 1000 kms de frontières avec la Libye et « combien nous tenons à la stabilité et à la sécurité de ce pays frère et voisin ».

Pour ce qui est du Mali, le ministre des Affaires étrangères a rappelé que l’Algérie est partenaire dans les efforts des Nations unies et dans la mise en œuvre de l’accord dans le cadre du comité de suivi de l’accord né du processus de l’accord d’Alger et de Bamako, soulignant que là aussi la concertation est « quasi permanente ».

« Nous sommes satisfaits des efforts qui sont faits par le gouvernement malien et des partenaires signataires de cet accord. Il est évident qu’il n’y a pas de mise en œuvre de l’accord s’il n’y a pas de confiance », a-t-il indiqué, relevant que la confiance est retrouvée et « nous devons les encourager en raison des défis auxquels nous faisons face dans cette région ».

Il a cité dans ce contexte la question de la migration clandestine, du terrorisme, du crime organisé, soulignant par ailleurs qu’une paix  retrouvée au Mali, qu’une paix retrouvée en Libye « nous permettra d’aller de l’avant ».

Le chef de la diplomatie algérienne a fait observer que « nous sommes à la veille d’une réunion qui a été initiée par le SG des Nations unies et par son Représentant personnel, Kohler ».

Sahara occidental : l’Algérie « pleinement » engagée dans la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité

« C’est la réunion de Genève du 4 et 5 décembre prochains sur la question  du Sahara occidental. Là aussi, l’Algérie est engagée pleinement dans la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment sa résolution 2414 », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, au sujet de l’attentat suicide survenu lundi à Tunis, le ministre des Affaires étrangères, a rappelé que l’Algérie par la voix de son porte-parole « a déjà condamné cet attentat abject », soulignant que « nous restons toujours dans une région un peu menacée où les défis sont  très grands, notamment le défi du terrorisme, celui du crime organisé et pour cela la lutte antiterroriste n’est pas l’affaire d’un pays ou d’un autre mais de la communauté internationale ».

M.Messahel a réitéré ses sincères condoléances aux Tunisiens, souhaitant aux blessés un prompt rétablissement. « Il faut que nous restions vigilants. La vigilance doit être de mise », a-t-il ajouté.

 La priorité économique de l’Algérie est la diversification de son économie

Pour ce qui est du COMEFA, le ministre a noté avec satisfaction qu’il est « très important » que les chefs d’Etat des deux pays ont développé comme idée de faire la relation entre l’Algérie et la France une relation « particulière » dans le sens d’un partenariat « stratégique et d’exception », appelant à ce que cette relation soit fondée sur l’intérêt des uns et des autres.

« Nous avons également parlé, avec mon collègue Jean-Yves Le Drian, de la place centrale de la mobilité des personnes, donc de la circulation des  personnes entre les deux pays », a-t-il ajouté, indiquant par ailleurs que l’Algérie et la France sont engagés « ensemble » dans tout ce qui est migration illégale et clandestine.

« C’est un fléau auquel l’Algérie est elle-même confrontée » pour lequel « il faut toute une stratégie internationale pour combattre ces réseaux criminels ».

Le Drian: il est de notre responsabilité de travailler « ensemble » dans la résolution des crises

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères,francais,  Jean-Yves Le Drian, a affirmé qu’il est de la responsabilité de la France et de l’Algérie de travailler « ensemble » dans la résolution des crises.

« Nous sommes convaincus que le partage d’expériences et d’initiatives d’échanges opérationnels sont essentiels pour y répondre sur la scène régionale, notamment au Mali et en Libye. L’Algérie est un partenaire incontournable et il est de notre responsabilité de travailler ensemble à la résolution des crises qui affectent la stabilité de notre environnement et nous sommes sur beaucoup de ces sujets complètement en phase », a-t-il précisé dans une déclaration à l’issue des travaux de la 5e session du Comité mixte économique franco-algérien (COMEFA) et de la 4esession du dialogue stratégique algéro-français.

« Nous en parlons très souvent, nous avons des initiatives communes et nous voulons poursuivre dans cette logique en pleine insertion avec les engagements pris au niveau des Nations unies en ce qui concerne le Mali et la Libye, en particulier », a-t-il ajouté, précisant qu’avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, ils ont « commencé à réfléchir à la mise en oeuvre du sommet des deux rives qui permettra de donner une relation commune pour le développement des deux rives de la Méditerranée ».

Par ailleurs, il a indiqué qu’il a évoqué avec le MAE algérien les possibilités de renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine des défis migratoires dont ils font face.

« Ces échanges reflètent la grande qualité des relations entre la France et l’Algérie qui ont décidé d’avancer ensemble pour les dossiers d’intérêts  communs qui sont nombreux. Il s’agit d’un dialogue de confiance, d’un dialogue exigeant qui a pour objectif de renforcer le caractère privilégié de la relation qui unit l’Algérie et la France », a-t-il souligné.

En ce qui concerne le COMEFA, Jean-Yves Le Drian a indiqué que l’Algérie est pour la France un partenaire économique « majeur ».

« Ce sont plus de 8 milliards d’euros d’échanges commerciaux chaque année avec plus de 7000 entreprises françaises travaillant avec l’Algérie. Ce sont aussi près de 500 entreprises françaises implantées en Algérie qui  emploient 40.000 personnes et qui génèrent 100.000 emplois indirects dans les domaines stratégiques pour nos deux pays que ce soit l’automobile, le transport, la santé, l’agriculture », a-t-il expliqué, soulignant que le COMEFA « permet ainsi de faire le point » sur le partenariat économique entre les deux pays et de « tracer les perspectives nouvelles » pour les renforcer et les concrétiser.

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