Accord historique entre la Colombie et les FARC sur un cessez-le-feu définitif

Accord historique entre la Colombie et les FARC sur un cessez-le-feu définitif
Cet accord sans précédent marque une avancée décisive vers la conclusion de la paix entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), plus importante rébellion du pays, après plus de 50 ans de conflit. PHOTO FEDERICO RIOS ESCOBAR, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Le gouvernement colombien et la guérilla des FARC ont annoncé mercredi avoir conclu un accord historique sur un cessez-le-feu définitif qui ouvre la voie à la signature prochaine d’un accord de paix après plus d’un demi-siècle de conflit.

« Nous sommes parvenus à un accord pour un cessez-le-feu et une cessation des hostilités bilatérale et définitive », indique un communiqué commun publié par les négociateurs des deux camps, qui ne précise pas de date d’entrée en vigueur.

L’accord, qui définit les modalités de fin du conflit, point épineux des pourparlers de paix menés depuis fin 2012 à Cuba, concerne également « l’abandon des armes, des garanties de sécurité (pour la rébellion) et la lutte contre les organisations criminelles », explique le texte.

Peu auparavant la publication du communiqué, le négociateur des FARC Pastor Alape avait indiqué à l’AFP que le document de l’accord était « quasiment » finalisé, précisant qu’il restait « juste un point » à régler sans toutefois préciser lequel.

Le détail de ces accords doit être annoncé jeudi en présence du président colombien Juan Manuel Santos, du chef suprême des FARC Timoleon Jimenez (dit « Timochenko ») ainsi que du président cubain Raúl Castro et du ministre norvégien des Affaires étrangères Borge Brende, représentants des pays médiateurs, indique encore le communiqué.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et les présidents des pays accompagnateurs Nicolas Maduro (Venezuela) et Michelle Bachelet (Chili) feront aussi le déplacement.

Cet accord sans précédent marque une avancée décisive vers la conclusion de la paix entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), plus importante rébellion du pays, après plus de 50 ans de conflit.

Pour Jorge Restrepo, directeur du Centre d’études, de recherches et d’analyse du conflit (CERAC), cette annonce est « historique », car désormais la « violence organisée ne servira plus comme mode d’opposition à l’État ».

« Cela signifie la fin du conflit le plus long et sanglant (des Amériques) et une nouvelle opportunité pour parier sur la démocratie », a salué de son côté Angelika Rettberg, directrice de la maîtrise de Construction de la Paix à l’Université des Andes à Bogota.

La paix dans un mois ?

Ces derniers jours, les parties ont accéléré leurs négociations et le président colombien a demandé mardi à ses négociateurs un « effort » pour parvenir à un cessez-le-feu définitif, un « pas fondamental » selon lui pour parvenir à la paix.

M. Santos a estimé que le dialogue de paix pourrait parvenir enfin à sa conclusion le 20 juillet – fête nationale en Colombie -, date à laquelle l’exécutif et la guérilla ont prévu de se réunir, à l’issue du cycle de négociations qui prendra fin le 6 juillet.

En vue de la démobilisation des FARC, les négociateurs devaient s’accorder sur la mise en place de zones de concentration de quelque 7000 rebelles, dont le désarmement se déroulera sous la surveillance des Nations unies.

Depuis juillet 2015, la guérilla observe déjà un cessez-le-feu unilatéral, tandis que le gouvernement a suspendu les bombardements aériens à son encontre.

Dans le cadre de leurs négociations, gouvernement et FARC ont signé plusieurs accords intermédiaires, notamment sur la lutte contre le trafic de drogue ou encore les réparations aux victimes.

Les parties sont aussi récemment parvenues à s’entendre sur le cadre juridique de l’accord final de paix et sur l’abandon du recrutement de mineurs par la guérilla.

Le dernier point à l’agenda des négociations concerne le mécanisme d’approbation de l’accord.

Le président Santos souhaite un référendum, tandis que les FARC, après avoir longtemps réclamé une Assemblée constituante, se sont récemment déclarées ouvertes à une consultation populaire.

Le gouvernement et la seconde rébellion du pays, l’ELN (environ 1500 combattants), viennent par ailleurs d’annoncer l’ouverture prochaine de pourparlers de paix.

Ces processus menés avec ces deux guérillas d’extrême gauche fondées en 1964 pourraient permettre de tourner définitivement la page du plus vieux conflit armé d’Amérique latine, qui a officiellement fait 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,6 millions de déplacés depuis plus d’un demi-siècle.

 

ALEXANDRE GROSBOIS
Agence France-Presse
LA HAVANE
Lapresse.ca

Sabrina Lallemand
ADMINISTRATOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply