A Mossoul, l’EI parti, les footballeurs s’en donnent à coeur joie

A Mossoul, l’EI parti, les footballeurs s’en donnent à coeur joie
AFP / AHMAD GHARABLI Des joueurs irakiens portent les maillots des équipes de football du Bayern Munich (en bas) et du Borussia de Dortmund (en haut), le 7 avril 2017 à Mossoul

Shorts et maillots d’équipes étrangères interdits, matches interrompus pour la prière: en Irak, le groupe Etat islamique (EI) imposait aussi sa loi sur les terrains de foot, mais depuis sa défaite à Mossoul-Est, les joueurs s’en donnent à coeur joie.

« Le terrain de guerre est plus noble que le terrain de jeu », affirmaient les jihadistes dans les prêches à la mosquée, se rappelle Oussama Ali Hamid.

Aujourd’hui, le jeune homme de 26 ans a retrouvé, avec ses amis, le plaisir de fouler un terrain recouvert d’une pelouse artificielle toute neuve.

Ils goûtent de nouveau à cette liberté depuis que les forces irakiennes ont chassé, fin janvier, les jihadistes de la partie orientale de Mossoul, la deuxième ville du pays, après trois mois de violents combats.

AFP / AHMAD GHARABLIDes joueurs de football irakiens portant le maillot du Bayern Munich (d) et du Borussia Dortmund (g), lors d’un match le 7 avril 2017 à Mossoul


« Avant, quand nous avions un match, ils nous surveillaient et certains d’entre eux portaient des armes. Ils nous empêchaient de porter des maillots d’équipes étrangères », se souvient Oussama, qui arbore fièrement le maillot du club allemand du Borussia Dortmund.

Ceux qui osaient enfreindre la consigne voyaient les combattants de l’EI découper les logos étrangers de leurs maillots.

Pas question non plus pour les joueurs de montrer leurs genoux en portant des shorts, rappelle Laith Ali, âgé de 23 ans.

Et ils peuvent désormais jouer un match entier sans devoir s’interrompre lorsque résonne l’appel à la prière dans les mosquées de la ville.

AFP / AHMAD GHARABLIUn gardien de but irakien lors d’un match de football à Mossoul, le 7 avril 2017

Sous le joug de l’EI, il était même interdit de siffler pendant les matches, les jihadistes estimant qu’un tel bruit attirerait « des diables », raconte Moustafa Nour, 25 ans. Une violation de cette interdiction pouvait valoir à son auteur de deux à trois jours de prison, selon lui.

– En attendant le championnat –

Le football est un sport extrêmement populaire en Irak, où il réussit le difficile pari d’unir les différentes communautés.

Sous le joug de l’EI, il était même interdit de siffler pendant les matches, les jihadistes estimant qu’un tel bruit attirerait « des diables », raconte Moustafa Nour, 25 ans. Une violation de cette interdiction pouvait valoir à son auteur de deux à trois jours de prison, selon lui.

– En attendant le championnat –

AFP / AHMAD GHARABLIUn joueur de foot irakien portant le maillot du Bayern Munich tient le ballon en équilibre sur son front, avant un match à Mossoul, le 7 avril 2017


Le football est un sport extrêmement populaire en Irak, où il réussit le difficile pari d’unir les différentes communautés.

A Mossoul-Est, 12 terrains de foot ont été remis en état depuis le départ de l’EI, selon Mohammed Abdelkarim al-Mimaari, le chef du département des sports et de la jeunesse de la province de Ninive, dont Mossoul est le chef-lieu.

Tous les premiers du mois, ses services organisent une « Journée du sport » pour encourager la pratique sportive dans cette ville encore divisée, où les combats font toujours rage dans la partie ouest, de l’autre côté du fleuve Tigre, entre jihadistes et forces irakiennes.

Beaucoup d’habitants espèrent que le Mossoul Club, l’une des plus célèbres équipes irakiennes avant l’arrivée de l’EI, retrouve un jour son rang et renoue avec le succès d’antan.

En 2014, le club se préparait à faire son grand retour dans le championnat irakien lorsque l’EI a pris le contrôle de la ville, interdisant aux joueurs d’en sortir.

Aujourd’hui, le club souffre de la division de Mossoul. Si son siège et ses terrains d’entraînement sont dans la partie orientale, de nouveau sous contrôle du gouvernement, son stade principal est dans l’ouest, dans la zone des combats.

 

AFP

Sabrina Lallemand
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